Jean est parti.
Avec lui disparaît un militant syndical, un ancien député de l’Isère, un élu engagé, mais surtout un infatigable défenseur de la justice sociale et de l’intérêt général.
J’ai eu la chance de le connaître.
Je me souviens de notre première rencontre chez lui, à la Villeneuve. Il m’avait parlé de l’histoire de Grenoble, de ce qu’il pensait bon pour notre territoire, pour ses habitants et pour ce quartier qu’il aimait tant.
Et puis, avec la simplicité qui le caractérisait, il m’avait donné ses premiers conseils, tant sur le dernier rapport d’Oxfam que sur, véridique, mes vidéos de campagne.
Je garde de cette première rencontre le souvenir d’une force et d’une douceur rares.
Jean était de ceux qui pouvaient parler avec calme des combats les plus importants. De ceux qui savaient défendre avec conviction, sans jamais renoncer à la lutte, mais sans jamais céder à la violence.
Il m’écrivait avec bienveillance après mes débats et m’a simplement écrit, le 22 mars : « Je suis un Grenoblois heureux. »
À 99 ans, Jean ne lâchait rien : ni l’intérêt général, ni Grenoble, ni les gens. Lors de ma dernière visite, il y a quelques semaines, son engagement était intact.
Honorer aujourd’hui sa mémoire, c’est donc aussi continuer à porter les combats qui ont guidé toute sa vie : la défense des personnes précarisées, des travailleuses et des travailleurs, des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, des personnes âgées, et la construction d’une société plus solidaire, plus juste et profondément intergénérationnelle.
Jean Giard aura été une grande voix de notre ville.
Une voix humaniste.
Une voix exigeante.
Une voix qui n’a jamais cessé de défendre celles et ceux qui en avaient le plus besoin.
Mais je veux aussi dire que Jean Giard ne disparaît pas tout à fait.
Parce qu’il laisse des idées.
Il laisse des combats.
Il laisse des souvenirs.
Et il laisse à celles et ceux qui l’ont rencontré une exigence : ne jamais renoncer à la solidarité, ne jamais renoncer aux autres.
Jean était une personne profondément inspirante.
Il a marqué Grenoble.
Et il a marqué mon engagement.
Que sa mémoire continue de vivre dans notre ville, dans celles et ceux qu’il a accompagnés, et dans les combats que nous poursuivrons.
Laurence Ruffin
Laurence Ruffin est Maire de Grenoble depuis le 27 mars 2026